Combien de points de mesure faut-il pour un contrôle DFT sérieux ?
Assez pour décrire la distribution, répartis pour ne rien épargner — le nombre exact dépend de la surface et du référentiel retenu, et c'est précisément le rôle du plan de mesurage de le fixer avant chantier. Les principes constants : des points répartis sur toutes les zones (pas concentrés là où c'est commode), les singularités incluses d'office — arêtes, soudures, raccords, zones d'accès difficile, car c'est là que le film s'amincit —, des lectures par zone en petites séries plutôt qu'isolées, et une localisation sur croquis. Un contrôle dont on ne peut pas dire où il a mesuré n'est pas un contrôle : c'est un échantillon de politesse.
Peut-on mesurer le DFT sur un revêtement ancien, pour un diagnostic ?
Oui, et c'est un outil de diagnostic précieux — avec ses précautions de lecture. La jauge donne l'épaisseur résiduelle du système en place : comparée aux épaisseurs d'origine (si le dossier existe) ou aux valeurs typiques du système identifié, elle renseigne sur l'usure et les zones amincies. Les limites : sans dossier d'origine, on mesure un état sans référence ; les multicouches anciens et les reprises successives brouillent l'interprétation ; et l'épaisseur ne dit rien de l'adhérence ni de ce qui se passe dessous — un film épais peut recouvrir une corrosion active. Le DFT ancien se lit donc en faisceau : avec l'inspection visuelle, les sondages d'adhérence et l'historique du support.
Pourquoi les fiches techniques donnent-elles un rendement théorique qui ne colle jamais au chantier ?
Parce que le rendement théorique est une donnée de formulation — surface couverte par litre à l'épaisseur nominale, film parfait, zéro perte — et que le chantier est une réalité : pertes de pulvérisation, rugosité du support qui « boit » les premiers microns (le volume mort du profil de décapage), sur-épaisseurs locales inévitables, formes complexes. L'écart entre théorique et pratique n'est pas une anomalie, c'est un coefficient à connaître — il dépend du mode d'application et de la géométrie. La lecture utile : le rendement théorique sert à comparer des produits entre eux ; le rendement pratique, issu de l'expérience, sert à acheter la bonne quantité. Confondre les deux fait des chantiers à court de peinture — qui finissent, comme par hasard, sous le DFT minimum.